Cet article a pour origine le 1er volet de la trilogie de 2004 présenté au Récif du vendredi de Courbevoie (cf. les musts sur ce site); il a été enrichi et actualisé par nos soins sans compter les commentaires de notre mascotte « RID’AIL ».

 

 

 

1- QU'EST-CE QU'UN HIPPOCAMPE ? 

 

 

L’hippocampe est un poisson bien sûr, mais un poisson vraiment très particulier. Sur certains des premiers livres d’histoire naturelle le pauvre animal jouxte les insectes !

 

Le mot hippocampe vient du grec « Hippos » cheval et « Kampê » courbure. Voilà ce qui le décrit bien, tête de cheval et corps courbé et non allongé.

Et n’oublions pas que le chariot de Neptune était tiré par de superbes hippocampes !

   

 

 

1- ANATOMIE : TAXONOMIE ET EVOLUTION

 

 

La  taxonomie est le classement des organismes dans des groupes, le taxon de base étant l’espèce, constituée d’individus qui peuvent s’accoupler et se reproduire.

 

L’évolution, elle, est constituée d’une suite de petits changements successifs dans une espèce, changements qui aboutissent à la création d’espèces largement différentes.

Ces changements sont provoqués par divers facteurs, modifications dans l’environnement, dans les sources de nourriture, chez les prédateurs ou les espèces concurrentes. A chaque étape, les individus qui ont des particularités leur permettant de mieux s’adapter transforment l’espèce elle-même en se reproduisant plus et mieux

 

 

 

 

Le point commun de la famille des Syngnathidés est leur mâchoire soudée, ce que signifie d’ailleurs ce nom. Ce sont des animaux de petite taille, mesurant de 10mm à un maximum de 60 centimètres

 

L’ancêtre de l’hippocampe est un poisson aiguille ; il y a 50 millions d’année, ce type d’animal existait déjà.

Par contre, le fossile le plus récent d’hippocampe que l’on ait trouvé ne date que de 5 à 7 millions d’années ; il y a peu de différences avec l’animal actuel. L’hippocampe n’est donc pas un survivant de la préhistoire, comme le pensent certains, mais une espèce récente

 

 

les stratégies de survie individuelle et de l’espèce

 

Bien plus, on peut dire qu’il s’agit d’une forme de vie parfaite si l’on examine les stratégies de survie individuelle et de l’espèce qu’il a choisies.

Le dragon de mer feuillu est une autre forme parfaite ayant le même ancêtre que l’hippocampe, mais qui a adopté une stratégie différente.

 

La stratégie de survie individuelle de ces deux espèces est la même : le camouflage a été préféré à la vitesse ou aux armes dissuasives ( scalpel des poissons chirurgiens, épine venimeuse du poisson scorpion ) pour se protéger des prédateurs.

Pour saisir leurs proies, une mâchoire est utile quand elle est jointe à la vitesse, un museau lui a été préféré car il permet d’aspirer presque sans bouger ce qui passe à proximité.

Sur ce seul critère le dragon de mer est parfait : le corps recouvert de pseudo-algues il est extrêmement difficile à voir ; un plongeur peut ne pas soupçonner sa présence à côté de lui, parmi les algues.

 

Leur stratégie de survie de l’espèce, leur mode de reproduction, est par contre très différente.

Pour un poisson, il y a plusieurs façon de procréer dans l’océan; il peut :

- répandre œufs et sperme dans la colonne d’eau comme les poissons chirurgiens,

- coller les œufs sur une roche de son territoire comme les poissons clown

- plus rare en eau de mer, couver ses œufs dans sa bouche comme le poisson Cardinal

- mettre au monde des petits comme certaines espèces de requins et de raies

- transférer ses œufs sur le corps du mâle comme le dragon de mer feuillu qui colle les œufs sur la partie arrière de son abdomen ; la peau durcit alors et forme des coupelles sous ses œufs.

 

Quant aux poissons aiguilles, on peut les classer en trois catégories selon leur degré d’évolution :

- ils collent simplement leurs œufs sur leur abdomen,

- ils les recouvrent d’une membrane de peau,

- ils déplacent 2 membranes qui se juxtaposent pour les recouvrir.

On remarquera que plus les œufs sont protégés plus ils sont gros, ce qui avantage les petits.

 

 

 

 

L’hippocampe lui, a choisi une stratégie plus complexe avec sa poche fermée appelée marsupium, qui protège au mieux les oeufs. La femelle pénètre le mâle avec son oviducte et transfère ses œufs. Mais cela ne s’arrête pas là ; en effet la fécondation a lieu peu après le dépôt des œufs ; puis le mâle répartit en se dandinant les œufs fécondés sur les parois de sa poche marsupiale. Les œufs vont ensuite éclore ;  les petits sont bien oxygénés et vont se développer en se nourrissant d’un fluide induit par l’hormone prolactine, fluide fourni par la paroi qui agit comme une sorte de placenta.

 

On considère qu’il s’agit d’une réelle maternité assurée par le mâle

 

Le chaînon manquant entre poisson aiguille et hippocampe existe ; il n’est pas vraiment manquant. Il s’agit du pseudo-hippocampe pygmée.

Le temps s’est arrêté pour cet animal. Allongé comme un poisson aiguille, il est recouvert de petites pseudo-algues comme le dragon de mer ; il a une poche fermée et sa queue est préhensile comme l’hippocampe. Le mâle ressemble d’ailleurs un peu à un hippocampe, car il se tient un peu verticalement à cause de sa poche qui le gêne ; il est obligé de plier le « cou » pour se nourrir sans risquer de vider sa poche. La femelle, elle, ressemble beaucoup à un poisson aiguille.

Les deux principaux genres sont les Acentronura et les Idiotropiscis.

 

L’hippocampe est passé par cette étape.

La position droite est bien sûre la plus efficace, la plus pratique.

Voilà pourquoi l’hippocampe, seul poisson à avoir une poche marsupiale, est le seul à avoir opté pour cette position ; comme le kangourou, comme l’homme, il a choisi de se redresser et d’être debout.

Cela, combiné avec une stratégie individuelle de survie par le camouflage, a entraîné des modifications de tout son corps.

 

 

2- UN POISSON QUI NE RESSEMBLE PAS A UN POISSON

 

A cette stratégie unique correspond un animal unique.

 

- Plus besoin de queue gouvernail et accélérateur : elle devient préhensile comme celle d’un singe et lui permet de s’attacher aux algues, éponges ou coraux. Il peut s’en servir pour d’autres actions, par exemple enlever la queue qu’un autre hippocampe a fixée sur lui ou « enlacer » son partenaire.

 

- Plus besoin d’écailles sur le corps pour mieux glisser dans l’eau : des plaques osseuses sous-jacentes à la peau et rattachées à la colonne vertébrale constituent une armure protectrice, la carène: les petits prédateurs ne s’intéressent pas à une telle dureté. Mais les plus gros – grondins, poissons crapauds, poissons plats, voire manchots – l’avalent….

Et malheureusement, en séchant, son cadavre garde la forme originale de son corps….. Qui se transforme en souvenir ou en médicament chinois.

Par ailleurs, ces plaques enlèvent de la flexibilité à son corps et limite donc sa vitesse.

 

 

 

 

- Plus besoin de nageoires classiques : la propulsion se fait par une seule nageoire dorsale qui peut battre plus de 75 fois à la seconde permettant à l’hippocampe d’atteindre une vitesse élevée sur une courte distance; deux nageoires pectorales situées des deux côtés de la tête assurent les directions ; une nageoire anale permet une meilleure stabilité.

Et l’hippocampe peut voler, pardon nager, dans toutes les directions, par exemple verticalement et au cordeau, tout en restant immobile..

 

- Plus besoin d’un corps fuselé au profil aérodynamique : une tête et un cou se sont dégagés au sommet de son corps vertical, ce qui est indispensable en position debout pour mieux voir proies et prédateurs.

 

- Et en plus des yeux de caméléon peuvent s’orienter indépendamment l’un de l’autre dans tous les sens, permettant ainsi de surveiller une proie potentielle devant et un prédateur derrière.

 

- Dans ses efforts pour passer inaperçu, pour se fondre dans le paysage, il joue aussi sur la couleur; s’il vit dans un champ d’éponges ou gorgones rouges, il sera rouge ; dans un champ d’algues jaune, marron ou noir. La profondeur qui modifie la vision des couleurs a aussi son importance.

Il modifie aussi sa couleur si besoin est ; il a un côté caméléon.

 

 

 

Des tâches et des traits sur le corps coupent la silhouette, et participent au camouflage

 

Entre la femelle et le mâle la différence essentielle vient de la poche marsupiale.

- L’abdomen de la femelle est arrondi et recouvert comme le reste du corps par des plaques osseuses.

 

 

 

 

 

- Celui du mâle se prolonge par sa poche qui est souple et lisse.

La nageoire anale de la femelle se situe aussi tout en bas de l’abdomen, et celle du mâle juste au-dessus de sa poche

 

On notera que l’hippocampe n’a pas d’estomac. Il doit donc manger beaucoup pour sa taille car il digère partiellement sa nourriture ; L’anus se trouve devant l’hippocampe, juste en dessous de la nageoire anale. il excrète ses déchets dans une sorte de poche qui obtient un gros succès auprès des crevettes qui en sont folles.

 

 

Il n’a aussi qu’un rein situé dans le dos.

 

 

3- LES DIFFERENTES ESPECES QUE L'ON PEUT ACHETER EN FRANCE

 

 

PRINCIPES DE BASE 

 

 

L’hippocampe est connu comme poisson tropical, mais des Guttulatus ont été observés en Norvège !

 

Il y a une cinquantaine d’espèces sur la planète ; certains limitent ce nombre à 32.

La région Indo-Pacifique en a le plus grand nombre, 14, et le japon 7 ; par contre, il n’y en a que 2 en Angleterre.

Chaque espèce vit dans une région bien spécifique, entre 5 et 60 mètres de fond. Si deux espèces vivent dans la même région, elles vivent à des profondeurs ou des zones différentes ( estuaires par exemple ).

Ainsi en Europe du Nord, les hippocampes migrent vers les grands fonds avant l’hiver, pour échapper aux tempêtes qui secouent les champs d‘algues.

 

Attention au nom vernaculaire, c’est-à-dire particulier à chaque pays.

Ainsi l’hippocampe à museau long désigne le REIDI en France et le GUTTULATUS en Angleterre. Le REIDI y est appelé Slender (svelte, élancé) et le GUTTULATUS est le moucheté pour nous.

 

 

 

 

En fait la différenciation des espèces est difficile et se base sur plusieurs aspects du corps :

- les formes différentes de la couronne qui orne la tête de l’animal, les épines placées au-dessus des yeux et sur le front et la longueur de ce museau,

- le nombre de rayures des plaques osseuses du corps et celles des nageoires les plus grandes, dorsales et pectorales,

- les dessins ( points, rayures, bandes etc.… ) et les épines ou appendices du corps.

 

La couleur, elle, est trop variable dans la même espèce pour servir à une quelconque identification.

 

Pour compliquer le tout en France, on appelle Kuda tous les spécimens arrivant de l’Asie et ayant le corps lisse, et Histrix ceux qui sont épineux...

 

  

 

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