Cet article a pour origine le 2ème volet de la trilogie de 2004 présenté au Récif du vendredi de Courbevoie (cf. les musts sur ce site); il a été enrichi et actualisé par nos soins sans compter les commentaires de notre mascotte « RID’AIL ».



            

Suite de 

2- UNE MAINTENANCE RESPONSABLE 

2- L'AQUARIUM SPECIAL  HIPPOCAMPES

L'AQUARIUM NATUREL ET SES 3 PILIERS

HISTORIQUE

1er PILIER : LES ROCHES VIVANTES


Elles sont formées d’organismes calcaires qui se sont développés et dont les squelettes ont fusionné avec le temps et l’aide d’autres organismes comme les algues corallines.
Elles présentent un intérêt pratique et esthétique.

Cet élément de DECORATION naturelle est superbe.


Les roches vivantes fournissent un HABITAT et apportent des bénéfices psychologiques à nos hôtes.
Pour beaucoup d’organismes, elles permettent de dormir, de se reproduire et de se nourrir.
Des algues poussent ; des coraux mous, toutes sortes d’organismes vivants apparaissent quand l’équilibre s’est réalisé. De petits bras d’ophiures sortent des trous. Il y a toujours quelque chose de nouveau et d’excitant sur les roches vivantes.



Il y a même beaucoup d’animation la nuit ; prenez une lampe à lumière rouge et observez. Les bestioles sortent pour se nourrir, se reproduire, lâcher gamètes ou jeunes dans la colonne d’eau. Tout cela consomme les détritus au détriment des indésirables diatomées et cyanobactéries.

Imaginez que vous soyez enfermé dans une prison vide aux murs transparents. Vous pourriez, comme nos hôtes, souffrir de cette situation. Par contre, pour eux, s’il y a des roches identiques à celles que l'on rencontre normalement au fond des mers, des roches riches d'une micro-faune très intéressante, l’équilibre psychologique se rétablira.

Ces roches sont riches d’une vie interstitielle, entre et dans les composants de la roche.

Elles constituent une source de NOURRITURE VIVANTE très variée : elles représentent un restaurant vivant pour nos hippocampes, un restaurant qui sert d’excellents micro crustacés.
Bien plus elles peuvent ensemencer de micro et macro invertébrés et de bactéries des substrats non vivants ( roches ou sable ).



Elles assurent ausi une BIOFILTRATION PARFAITE.

Fiable et complexe, c’est la forme ultime de filtration biologique sur les processus de nitrification et dénitrification.
Mais pour que les roches soient bien le lieu d’une filtration biologique efficace, l’eau doit passer doucement et régulièrement au travers. Or l’eau ne diffuse pas naturellement dans une roche ; elle circule d’une région à forte concentration d’un élément à une autre à faible concentration pour rétablir un équilibre. Il n’y a pas de phénomène d’osmose non plus.
De plus, la résistance à la circulation d’eau est forte dans les pores et les canaux.

Seule la force générée par divers animaux, essentiellement des vers de style Polydora, est capable de mettre l’eau en mouvement. Ils se déplacent d’avant en arrière, créant une pulsation qui attire l’eau. Tous ces tunnels et canaux sont reliés, et ces interconnexions permettent à l’eau d’entrer et de sortir des roches ; ces animaux pompent aussi l’eau pour en absorber l’oxygène. Le résultat est un courant modéré et constant à travers la roche.

Sans eux pas de circulation d’eau.

Sans circulation d’eau les petits canaux et pores de la roche se bouchent; la coralline recouvre les ouvertures : le filtre ne fonctionne pas; pire la roche si elle contient des matières organiques pourra pourrir.


 

Quand on se procure des roches, il faut donc vérifier qu’il reste certains de ces animaux; ils se multiplieront par la suite. Ainsi la présence de ces vers est un indicateur de bonne qualité; si une vie animale est détectable à sa surface, elle existera à l’intérieur.

Les roches choisies seront donc poreuses, d’un poids léger pour leur volume.

Aux USA Ronald Shimek et Eric Borneman étudient les formes de vie présentes dans des roches de diverses origines. Cette étude aura des résultats très intéressants, à suivre donc.


Ces roches assurent aussi une STABILITE COMPLETE DE L’EAU.

Dans le phénomène de bio filtration elles utilisent des nutriments aux dépends des algues.
Mais en plus les roches vivantes calcaires constituent une réserve de carbonate soluble et de bio-minéraux, c’est-à-dire une réserve alcaline et aussi de calcium, magnésium et strontium que va utiliser l’aquarium.
De ce fait elles perdent du poids et du volume avec le temps. 

Quand elles prennent de l’âge, après 1 ou 2 ans elles fonctionnent de manière non optimale ; l’action biologique et la biodiversité diminuent.

Pour maintenir le bien-être des hippocampes, il faut donc changer quelques roches 1 ou 2 fois l’an, nourrir les micro crustacés de l’aquarium  et élever des micro crustacés en bacs séparés ou en refugium.


LE PRIX ET LE CHOIX.

« Prix trop élevé pour des cailloux » dira le néophyte.
Mais ces roches sont la fondation structurelle et biologique de l’aquarium. Elles sont l’élément essentiel pour assurer son bon fonctionnement.

Le transport depuis le pays d’origine, l’essentiel du coût, se fait hors d’eau, dans un conditionnement isolant et donc bien fermé, limitant ainsi pollution et inter-contamination.
Puis durant le processus de curage ( 2 à 4 semaines ), les organismes sont stabilisés et la matière organique pourrie est soit minéralisée, soit exportée.

L’avantage de préparer soi-même les roches est d’être sûr que cela soit bien fait, mais c’est une tâche dure et fastidieuse; e
t il est aussi hasardeux de les commander par correspondance.

La qualité justifie le prix.


Il vaut mieux acheter ses roches localement, une fois que la stabilité biologique est assurée. En effet on pourra vérifier la qualité et choisir les formes en fonction de ce que l'on veut bâtir; on recherchera la porosité et des formes pour créer des structures ouvertes pour le haut et des blocs trapus pour la base ; ces derniers ensemenceront le sable.

On pourra même suivre la stabulation des roches, comment elles sont « cured ». L’animalier doit :

- Faire circuler l’eau entre des roches bien espacées,

- Utiliser un écumeur surpuissant à vider souvent + siphonnage,

- Assurer des changements d’eau fréquents.

En effet si cela est mal fait, toute la micro faune meurt…

Les formes de vie qui restent sont variées : mollusques, bactéries, vers, algues, micro crustacés, voire êtres plus gros comme des ophiures, oursins, mantis et même... poissons.
Et si vous avez un doute utilisez votre nez ; elles doivent sentir bon, et non le pourri.

De plus il est important de soutenir son animalier local, qui fournit de multiples services, si l’on veut les conserver.


Une fois chez vous gardez-les en quarantaine si vous le pouvez, au minimum 2 semaines pour éviter pollution, parasites ou pestes style mantis.

Puis construisez votre paysage avec les formes choisies.

Laisser des espaces à l’arrière pour qu’un courant se crée et évite une accumulation de déchets.

Laisser du volume libre pour les animaux, en pensant qu’ils vont grandir ; pour les hippocampes de quoi accomplir leur parade nuptiale en hauteur devant vous ( 3 fois leur longueur ).




2ème PILIER : LE SABLE VIVANT

 

Dans les années 1990, le sable avait mauvaise presse : « c’est une source d’ennuis inépuisable, il s’y s’accumule déchets et nutriments en zone aérobie et en profondeur en zone anaérobie des gaz nitrités qui constituent une vraie bombe à retardement ; et en plus ça se transforme en béton ! ». On avait alors des aquariums berlinois dotés d’un très puissant écumeur et dépourvus de substrat ; quant aux roches vivantes elles étaient fixées au-dessus du fond pour permettre un siphonnage régulier et facile. Une vraie salle de laboratoire, artificielle et sans rapport avec le vrai récif.


LA BASE DE LA CHAINE ALIMENTAIRE :

Le sable vivant est la combinaison d’un substrat non-vivant et d’une myriade de petits organismes vivant sur les grains de sable ( méiofauna ) ou entre ces grains ( infauna ).

Attention au sable vivant du commerce qui humidifié peut contenir simplement des bactéries qui apparaîtront de toute façon dans l’aquarium : à ne pas acheter, sauf pour l’emballage souvent très attractif.

Un sable mort sera mis en culture avec des roches vivantes de bonne qualité où se sont réfugiés de nombreux organismes. Si la prédation des poissons et des invertébrés est réduite, quelques mois suffiront pour le transformer en sable vivant.

Ainsi, après 18 mois, je découvre toujours de nouveaux habitants dans le sable de mes aquariums : les derniers en date sont des « ghost shrimps », des crevettes fantôme, des Callianassae .. Elles mesurent quelques centimètres et vivent dans des galeries creusées dans le sable dont elles nettoient les grains pour se nourrir ; venues cachées dans des roches vivantes, j'ai eu la chance de les voir à l'oeuvre quand leurs tunnels se sont trouvés placés tout contre la vitre d'un aquarium.


 

Bien sûr du sable pris sur le fond de l’océan serait parfait ( mais il devrait de toute façon être « curé » comme une roche vivante ), mais une petite quantité venant d’un aquarium fera l’affaire….

Sur ou dans un lit de sable, on trouve de tout C’est un micro-zoo.

  • bactéries

  • algues

  • diatomées

  • vers segmentés ( annélides )

  • vers ronds ( nématodes )

  • vers plats

  • micro crustacés ( amphipodes, isopodes, copépodes, mysis, ghost shrimps etc. )

  • bivalves

  • escargots ( cérithes … )

Les détritivores, en bougeant le sable, réduisent la croissance des diatomées et autres algues non souhaitées sur la surface bien éclairée du substrat.

On voit donc que ce sable vivant est un plus certain pour tout aquarium d’hippocampes.


Sur la surface de ce sable vivent aussi des animaux plus grands qui se nourrissent des bactéries et algues qui y vivent. Une équipe de ces habitants du sable sera ajoutée pour assurer une bonne aération du substrat et le nettoyage des détritus qui pourraient se déposer :

  • Des étoiles de mer de sable, des Archasters qui sont très voraces,

  • Des concombres de mer, des holothuries qui ingèrent les déchets qui y stagnent,

  • Des oursins appelés dollars de sable, des Clypeasters qui sont des nettoyeurs brutaux mais hors pair.

 


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